Booker un billet au hasard, poster sa lettre de démission en chemin, prendre un avion vers une destination dont le nom n'évoque aucun souvenir.
Et là, suspendu(e) dans le ciel, partout et nul part à la fois, prendre enfin le temps de réaliser la portée de ce coup de folie. Regarder à travers le hublot et sourire en pensant à l'agitation qui continue au sol.
Sentir monter enfin ce bourdonnement d'angoisse qui tardait à se manifester, bousculant mille questions les unes contre les autres. Elles s'entrechoquent jusqu'à ne plus former qu'un amas informe et inextricable.
Partir. N'est ce pas simplement remettre ses questionnements à plus tard ? Une sorte de fuite en avant parce que son monde est devenu trop petit ? Revenir après six mois, un an... pour réaliser qu'on est toujours au même point de départ.
Ou au contraire se retrouver face à soi-même, se déchiffrer à travers un Autre. Apprivoiser de nouveaux visages, une nouvelle langue, un nouvel enchevêtrement de rues, de nouvelles saveurs.
Se perdre des dizaines de fois, demander son chemin, et petit à petit ne plus se sentir en transit. Prendre des habitudes, dénicher son cinéma de quartier préféré, connaître les raccourcis, traverser la ville pour dévorer un fondant au chocolat inimitable dans son coin de café secret. Faire sa place et trouver sa vie. Y rester.
Ou encore la laisser là et recommencer.
© Fadwa Azhari. Valise capturée à l'insu de D.N.
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