Parfois, il ne faut pas aller bien loin pour arriver à la porte du monde... Il suffit de marcher, sans se fixer de destination précise et laisser la surprise arriver au bout du chemin. Ne rien tracer à l'avance, ne rien calculer.
Il suffit de suivre ces nuages qu'on ne prend plus la peine de regarder, là, juste au dessus de notre tête. Une invitation à percevoir de nouveau ces formes fantasmagoriques qu'on jouait à deviner à 7 ans. Tu te revois aussi allongé sur le gazon imbibé de rosée et les yeux rivés sur ces cotons blancs filamenteux défilant parfois trop vite ? C'est triste mais on devient un peu trop sérieux lorsque l'âge adulte nous rattrape, et on finit par ne plus avoir la tête dans les nuages. Et dans le pire des cas on devient con, comme ces personnes qui ne se souviennent plus.
Je ne sais pas s'il est trop tard quand on ne se souvient plus.
Voilà pourquoi j'ai décidé de lutter pour conserver mon regard d'enfant... ce n'est pas une mince affaire de nos jours, on est bien d'accord. Quand je lirai les infos, il y aura toujours des mauvaises nouvelles. Quand je marcherai dans la rue, j'aurai toujours le coeur serré face à ces dizaines d'enfants qui me tendent la main, culpabilisant à l'idée de ne pouvoir effacer toute la misère du monde. Si une maladie est éradiquée, il y en aura une autre encore plus vicieuse qui apparaîtra. Les gens continueront à s'entretuer, et il y aura toujours des injustices. A moi seule je ne peux changer le monde, oui, mais JE peux changer. Je suis libre de voir les choses différemment, d'arrondir les angles, de m'arrêter parfois, de dire oui, non. Dire plus oui, surtout. Essayer, rêver, échouer, recommencer.
Et toi, qui me lit à l'instant, tu es une belle personne. Tu le sais ?