Sale gosse

samedi 24 septembre 2011

Elle se tenait là, une poupée de porcelaine au regard insolent. Cheveux blonds, peau diaphane et bouche d'enfer, elle était scandaleusement belle et cela lui attirait parfois bien des ennuis. Seules ses joues roses d'enfant gâtée trahissaient son air mutin.

Ses parents voulaient faire d'elle une ballerine depuis son plus jeune âge, mais aujourd'hui elle en avait marre, lassée de vivre les rêves des autres au prix des siens. 
Alors elle s'est enfuie, troquant son justaucorps contre une marinière et le tulle de son tutu contre ses vieilles poupées Barbie. Entre gestes maladroits et grâce d'antan, elle croquait dans un brin de cerisier, révélant ainsi l'avant-goût de ce que serait désormais sa vie.

Elle ne savait pas ce qu'elle voulait, mais sa danse, elle la pratiquerait au grand air, libre de ses mouvements et entourée de cerisiers au coeur noble. 

Titiller, coquelicot, amande, mendier, moustache, fil rouge, délicate, mortelle, café crème, millésime, transcender, orage, cercle

samedi 17 septembre 2011

We heart it
Sur un air de piano, le voile danse avec le souffle du vent. Légèreté. Beauté d’une nuit de fin d’été. Nostalgie soudaine. Envie d’un café crème, même si je n’aime pas le café, seulement l’odeur des arômes  une fois la cafetière en marche. Dans trois jours c’est l’automne et ça me fait déjà penser à l’hiver qui arrive. Je ne comprends pas qu’il fasse nuit avant 19h, ils auraient du laisser l’heure d’été en septembre, histoire que la transition se fasse en douceur. En attendant, il faut que je pense au présent. On est dimanche, il est 2h08 et on n’est pas encore demain. Quelque part ailleurs, des gens dansent et se saoulent, d’autres font l’amour, d’autres encore pleurent un être cher. 

La plupart sont plongés dans un profond sommeil et ne réalisent pas à quel point cet instant est particulier pour moi. C’est un moment suspendu qui prend toute sa dimension entre le samedi et le dimanche, quand aucune obligation n’est là pour le troubler et que tout semble permis.
Je le capture et le glisse dans un flacon en cristal pour l'ajouter à ma collection de bonheurs éphémères.

Revue ciné : Les chats persans

vendredi 16 septembre 2011

Synopsis A leur sortie de prison, une jeune femme et un jeune homme musiciens, Ashkan et Negar, décident de monter un groupe. Ils parcourent Téhéran à la rencontre d'autres musiciens underground et tentent de les convaincre de quitter l'Iran. N'ayant aucune chance de se produire à Téhéran, ils rêvent de sortir de la clandestinité et de jouer en Europe. Mais que faire sans argent et sans passeport ...
Réalisateur : Bahman Ghobadi
Prix : Un certain regard au festival de Cannes 2009

Tourné clandestinement dans les rues de Téhéran en 17 jours à peine, ce film respire la soif de la liberté et montre le parcours du combattant de deux jeunes cherchant à monter leur groupe. On y voit à quel point il est difficile pour les jeunes iraniens de s'exprimer et pratiquer leur musique au sein d'un Etat dictatorial qui réprime toute tentative de créativité. 

La fiction et la réalité se rejoignent: à l'image du tournage fait en un temps record, les personnages doivent donner vie à leurs projets en urgence et esquiver les obstacles qui se présentent.
Selon Bahman Ghobadi, "en Iran, le gouvernement essaie de tout étouffer. J'ai senti que c'était mon dernier film en Iran. 
Les personnages principaux sont sortis du pays quatre heures après le dernier plan". En effet dans la réalité Ashkan et Negar sont actuellement à Londres où ils ont demandé l'asile politique. Ils travaillent sur leur projet musical.