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Sans titre

mardi 20 mai 2014

Je me demande pourquoi il n’existe pas de photocopieuse à souvenirs.
Trop de rendez-vous manqués, d’humains croisés et d’instants négligés jusqu'à l'oubli.

Je suis fascinée par cette magie que recèlent les instants les plus ordinaires. J'en ai récolté quelques uns qui m'ont échappée pour d'insignifiantes raisons et de grotesques excuses... Je n'ai pas su les immortaliser et les fixer sur le papier à temps, et aujourd'hui encore je ne sais pas si on peut réparer des souvenirs qui ont perdu de leur éclat.


Comme ce vendredi là, rue Taha Houcine, lorsque j’ai enfin réellement vu cette petite boutique surannée devant laquelle j’étais passée des centaines de fois auparavant. Coincée entre un vendeur de fournitures et un chocolatier, elle se fondait si bien dans le décor qu'elle avait cette force étrange de passer parfois inaperçue. 
A travers la vitrine, je discernais les étagères chargées de tissus monochromes parfaitement empilés, ainsi qu'un mobilier austère se déclinant dans des camaïeux de marron et de kaki. 
Le vieux tailleur qui s’affairait habituellement à l’intérieur n’était pas là, mais sur la grande table en bois étaient délicatement posées ses lunettes en écaille de tortue. Etrangement ce fut la première fois que je le percevais de manière si authentique. Des lunettes en écaille de tortue sur une table en bois, et me voilà émue jusqu’aux larmes. J'en ignore encore la raison.

Ou encore ce jour où je marchais sur l’avenue Mers Sultan, il y a bien de cela deux ans. Je venais de dépasser le cinéma Lynx lorsque je l’aperçus. Je n’ai jamais vu son visage, seulement sa chevelure rousse et sa peau laiteuse. Une allure d’adolescente et des cheveux au carré. J'ai omis pratiquement tous les détails, mais il me semble qu’elle portait un tee-shirt blanc. Je ne comprenais pas pourquoi personne autour de moi ne la voyait. Elle a fini par disparaître au coin d'une rue, comme un songe en dissolution. En cherchant à disséquer le mécanisme de cette apparition, je me demande si ce n’est pas la dissonance entre le côté flamboyant de cette fille et la fragilité de sa peau qui a attiré mon attention, ou peut-être sa démarche. Je ne sais plus. Je m’en veux d’avoir laissé son image dépérir avec le temps.

Mon rendez-vous manqué le plus récent s’est produit il y a un peu plus d'une semaine, alors que j’observais tranquillement la faune du dimanche par la fenêtre de mon taxi. Au feu devant Bank Al Maghrib, je tourne pensivement la tête vers la droite, remarquant enfin cet homme en noir à genoux devant un vieil appareil à photo argentique monté sur trépied. Curieuse, je l’observe en souriant pendant cinq minuscules secondes, cherchant à deviner la scène qu’il cherche à capturer. Le feu tourne au vert, nos regards se croisent un instant, et j’ai presque l’impression de lui avoir dérobé quelque chose. Je rougis à l’idée d’avoir interrompu son moment, avant de réaliser que j’étais déjà loin. 

Je me demande s'il m'a "vue" de son côté du miroir aussi, inconnue lui échappant dans un taxi.

Image de source inconnue

Défi : the Burning house

lundi 5 décembre 2011

Je sais bien que je vous ai parlé du concept The Burning House il y a déjà presque un mois, et bien j'avoue que ça a été plus dur que prévu de m'y mettre... il me ne semblait pas évident de faire un choix entre l'utile et le sentimental.
Finalement ce soir, le nez dans les cartons (et oui déménagement oblige) j'ai enfin sauté le pas.
J'ai l'impression que le fait de devoir trier mes affaires m'a aidée à y voir plus clair :)















Liste :
- Mon cerisier home made
- Un fond de parfum qui me rappelle notre rencontre... une odeur divine de Dragibus
- Mon carnet de poèmes et de n'importe quoi
- L'attrape-coeurs - J.D. Salinger
- Un album photo de quand j'étais petite
- Le deuxième tome d'un livre sur l'artisanat marocain qui contient une double page 
sur mon grand père que je n'ai pas eu le chance de connaître
- Mes bottines préférées de tous les temps Topshop
- Le journal intime de mes 12 ans (à mourir de rire)
- Le premier vrai album que j'ai acheté : Live from Mars - Ben Harper
- Antigone d'Anouilh (je rêvais d'en faire un film)
- Un souvenir d'un festival d'art contemporain à Toulouse
- Ma boite bleue à souvenirs
- Un petit ourson auquel je tiens beaucoup

Ma liste me semble un peu longue et surréaliste et j'ai envie d'y ajouter quelques autres petites choses, mais je vais être raisonnable et m'arrêter là :D Je me suis rendue compte que finalement ce qui m'angoisse le plus serait de perdre mes souvenirs, des photos de famille, des traces de mon histoire...

Je remercie aussi Hasnae du blog Diary of two fashion addict d'avoir relevé le défi en premier et de m'avoir motivée, et j'invite toutes celles qui le souhaitent à s'y mettre aussi.